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The joy of books

Spéciale dédicace…

 

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« L’homme étant « rationnel » au sens des économistes – entendez : cupide, misanthrope et sociopathe – le capitalisme était parfait, et son immortalité assurée n’était que l’une des multiples facettes de cette immense perfection. »

Lu -avec délectation- chez Jorion, l’un des rares blogs où les commentaires sont au moins aussi intéressants que le reste…

Alaskabstraction

La peur d’un « 21 avril » à l’endroit ou a l’envers, la « possibilité » d’avoir lapen au second tour, donne un beau consensus : à droite comme à gauche, la consigne, la juste conduite, le truc sérieux, c’est le votutile.

Et pour que le votutile fonctionne, il faut des « conjectures sur le résultat final » (voir le texte tiré du Diplo ci-dessous), il faut des sondages, des tirages de plans sur la comète, et des médias pour en parler. Déjà, Libération s’est rendu ridicule  en transformant des « non, je ne pense pas voter pour lapen » en « oui, je n’exclue pas de voter pour lapen » (voir le démontage en règle ici), boostant artificiellement de 18 à 30% l’electorat potentiel de la fasciste, épouvantail de service. Difficile de croire que la manœuvre soit innocente.

Et ce n’est pas fini, on va bouffer de la peur lepen à outrance dans les mois qui viennent pour remettre les brebis qui oseraient penser par elles-mêmes et voter en conséquence dans le droit chemin raisonnable. Le 21 Avril 2002, « [les sondages], en se trompant, […] ont trompé les électeurs et les candidats ». On peut ajouter que l’incompétence et la nullité des boutiques de sondages et de leur cuisine interne (échantillon non représentatifs, questions biaisées, correction au pifomètre, marges d’erreurs énormes etc.) et des média qui gobent cette soupe servie tiède et l’interprètent au bulldozer, n’empêche pas la malhonnêteté intellectuelle plus ou moins consciente, la tentation de tirer les ficelles et de raconter n’importe quoi, pourvu que ça glisse.

C’est pour cette raison que les sondages, les mesures de popularité et autres thermomètres de l’opinion ne peuvent pas étayer de raisonnement politique sérieux. Les sondages sont au mieux imparfaits, au pire auto-prédictifs et distordent la volonté populaire, la démocratie. Ils doivent être d’autant plus soigneusement ignoré qu’ils ne représentent pas un travail scientifique neutre, mais réponde à des commandes connotés politiquement (parti politique, journaux) et sont le fait d’entreprises privées elles aussi orientées politiquement (La SOFRES a pour actionnaire les fonds d’investissement américain Fidelity, CSA est contrôlé par Vincent Bolloré. BVA a pour actionnaires les fonds d’investissement Rotchild et Vincent Bolloré, IFOP a pour propriétaire Laurence Parisot, présidente du MEDEF, sans parler d’OpinionWay le fournisseur officiel du Figaro). Pour plus de détail, voir la page wikipédia.

Voici un extrait de l’article des blogs du Diplo, intégralement disponible ici:

« [Lors de l’élection présidentielle d’Avril 2002], les sondages ont joué le rôle de vote indicatif. Il ne semblait pas y avoir d’incertitude sur les qualifiés du deuxième tour. Or se trompant, ils ont trompé les électeurs et les candidats.

Bien sûr, c’est le vaincu qui apparaît le plus fautif. Comment Lionel Jospin et son entourage ont-ils pu entretenir une telle crédulité à l’égard des sondages ? Une réponse générale apporte une partie de la solution : comme les autres dirigeants politiques. Simplement, ils en ont été les victimes. Ils avaient cependant une raison supplémentaire d’y croire, la cohabitation de cinq ans pendant lesquels la rivalité des deux têtes de l’exécutif était médiatisée par les sondages. Or, jamais Lionel Jospin n’avait été dépassé dans les mesures de popularité et de satisfaction, malgré son exposition plus grande en tant que Premier ministre […].

Et puisque les sondages avaient été « bons » pour lui, pourquoi le candidat socialiste n’aurait-il pas cru encore leurs augures ? […]

Le vote n’est en effet pas une conduite si simple. On peut dire qu’il en existe deux modalités principales.

Il peut exprimer une préférence, et consiste alors à choisir le candidat dont on se sent le plus proche, qu’on apprécie le plus. Cette modalité domine d’autant plus que prévaut l’opacité : la préférence est alors le seul guide, faute d’autres repères. Elle est en outre la plus conforme au dogme démocratique.

En situation de relative transparence permettant au moins des conjectures sur le résultat final, le vote est tiré vers le calcul qui consiste à déterminer son propre vote en fonction des autres. Vote tactique, vote utile, dit-on selon les cas. Cela peut aller jusqu’à amener à voter contre ses propres préférences, mais l’électeur s’en accommode selon les cas. »

EDIT 14/01/2012:

Un article d’ACRIMED qui parle de cette manipulation qui restera dans les annales: ici.

Le même procédé, appliqué (pour de rire) à Mélenchon: ici.

 

EDIT 24/01/2012:

Olivier Bonnet revient sur cette histoire de sondage pipoté par Libé, en y rajoute une couche (voir ici): BFM TV va encore plus loin dans le foutage de gueule.

Malaspina & St Elias (AK)

petit traité de géopolitique