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Réaction à tiède

J’y peux rien, quand l’émotion d’un naufrage submerge tout, je cherche des morceau de réflexion, des bouts d’intelligence qui flottent ça et là et j’essaie de m’y agripper.
Pour comprendre coute que coute, et ne pas se laisser embarquer à commenter les commentaires, qu’ils soient dignes, haineux ou larmoyant.

Pour mettre des jalons, des repères, des marques de conscience sans lesquels je me sens perdu et vulnérable, à la merci des évènements et des discussions de village.

Pour avoir l’impression de contrôler quelque chose quand dans le virage tout glisse au ralenti vers le crash.
Voici donc quatre articles que j’ai lu récemment, dont je ne partage pas tous les points de vue, mais qui ont le mérite de s’adresser au cerveau plutôt qu’aux tripes.
Le premier (« Je ne reconnais plus la gauche dans ce pays »):

(« La gauche a fait sienne un discours de la droite que je n’aime pas trop et qui est : « la sécurité est la première de nos libertés ». […]C’est une phrase prononcée depuis longtemps par la droite, […]. Je suis absolument opposé à ce discours. Je n’ai pas à choisir dans les libertés qui me sont offertes, entre la liberté d’aller et de venir, la liberté de me marier ou celle de ne pas subir la torture. Notre démocratie est précisément l’alliance de toutes les libertés de façon indistincte. Depuis longtemps, la République est fondée sur cette alliance de libertés indistinctes. Dire que l’une émerge des autres ne me plaît pas du tout. Je ne reconnais pas ma République. Je dirais même que je ne reconnais plus la gauche dans ce pays. Je regrette beaucoup les glissements qui se sont opérés sur ce point.« )

Le second (« le poujadisme du drapeau »)

(« La gauche, à la différence de la droite, se doit de donner une interprétation réaliste des situations de crise, afin de pouvoir les régler sans remettre en cause les fondements de notre démocratie pluraliste. Hollande et Valls font l’inverse de cela : comme la droite et l’extrême droite, leurs déclarations guerrières attisent les peurs et n’aident aucunement à saisir la complexité de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Pour cela, il faut se désolidariser de ce poujadisme du drapeau et de cet ordre sécuritaire.« )

Le troisième (« Les racines du terrorisme et ce qu’on peut faire contre »)

(« Un ancien ambassadeur britannique, Oliver Miles, a écrit que, « Le gouvernement [Cameron] semble suivre l’exemple de Tony Blair, qui a ignoré les conseils importants du ministère des affaires étrangères, du MI5 et du MI6, sur notre politique au Moyen-Orient — et en particulier nos guerres au Moyen-Orient — qui ont été un des principaux facteurs de recrutement de musulmans britanniques pour le terrorisme ici ». »)


Et le quatrième
(« Monsieur le Président, vous êtes tombé dans le piège ! »)
(« [Monsieur le Président], vos tentatives de calmer la nation menacent la sécurité du monde. Votre recours à un vocabulaire énergique ne signale que la faiblesse.« )

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Cette année-là

Cette année-là, il n’y eu ni été ni d’hiver. Des clowns attaquèrent des passants, la psychose fut aussi brève que palpable. Le vaisseau spatial d’un milliardaire s’écrasa dans le désert, et une dictature d’opérette vola les films et les données sensibles d’un grand studio de cinéma. Une sonde se posa pour la première fois sur un petit astre chevelu. Nous étions le futur. Une fièvre hémorragique sortie d’un mauvais film fît craindre la fin du monde. Heureusement, elle ne tua presque que des africains avant de se faire oublier et de continuer son chemin. Des policiers américains tuèrent des suspects as usual, et se firent relaxer, les victimes étaient noires. Plusieurs avions de lignes disparurent corps et biens, et un acteur et homme politique californien nous recommanda de nous abonner à un journal satirique français qui avait été anarchiste dans un autre siècle. Nous étions dans le futur, tout le monde était Charlie et les ânes avaient soif.

Puis la neige finie par venir, brutalement, comme un coup de rein un peu trop vigoureux d’avoir été trop longtemps attendu. La neige noya tout, le paysage, les idées, les sons. Nous n’étions plus du tout Charlie, les enfants étaient en garde à vue, le prix du pétrole baissait contre toute attente et les ânes avaient toujours soif.

#Je suis atterré

Salut à toi !

J’ai cru bon rassembler ci-dessous quelques textes lus depuis ce jeudi noir qui donnent une vision transversale de la triste et révoltante actualité. Et au passage de faire renaître ce blog en dormance depuis trop longtemps.

J’avoue avoir eu un premier doute quand Arnold Schwarzenengger nous a supplié de nous abonner à Charlie Hebdo. Quand Apple, qui jusque-là censurait Charlie Hebdo sur ses tablettes a mis un « Je suis Charlie » sur sa page d’accueil. Quand les pires réactionnaires de France (Christine Boutin) et de Navarre (Erdogan et Netanyau entre autre) ont soudain trouvé des vertus post-mortem à la liberté d’expression. Heureusement, la triste clique s’est retrouvée isolée et n’a pas pu récupérer le rassemblement.

La bonne nouvelle, c’est la très bonne corrélation entre le nombre de manifestants des rassemblements du dimanche 11 janvier et le vote lepéniste (http://www.ifop.com/index.php?option=com_publication&type=publication&id=801). En clair, les bastions fascistes ne se sont pas mobilisés; on peut en conclure (et c’est heureux) que ces rassemblements étaient bien fraternels et républicains, et non pas de haine et de rejet (en tout cas pour partie) comme on aurait pu le craindre.

Cette histoire a fait resurgir chez moi des fragments de mémoire oubliée, le Charlie Hebdo emporté avec moi aux Trois Jours comme une amulette, le texte de Wolinski que j’ai lu à ma femme lors de notre mariage, le nez de Dorothée par Cabu… Mais aussi, depuis que Val avait pris les commande de Charlie Hebdo, cette liberté d’expression avait parfois des airs de géométrie variable, qui avait fait que je n’achetais plus ce journal. Siné, le vieil anar qui n’en fini pas de vieillir et qui faisait partie des pères fondateurs de Charlie Hebdo avait été viré pour avoir tenu des propos déplaisants au patron. Certaines caricatures de Charb était franchement racistes (cf Taubira en Guenon, entre autre) alors que d’autre montrait un révolté, un humaniste.

Tout cela a déjà été dit dans tous les sens…

Tout d’abord Luz, dans les Inroks met ses mots: http://www.lesinrocks.com/2015/01/10/actualite/luz-tout-le-monde-nous-regarde-est-devenu-des-symboles-11545315/

Ensuite Ruffin, pour qui j’ai le plus grand respect, nous met en garde dans Fakir contre le « poison de l’union »: http://www.fakirpresse.info/Le-poison-de-l-union.html

Le dernier paragraphe de l’article:
« De SMS en chaîne d’infos, de facebook, en twitter, la nouvelle s’est répandue comme, sans doute, il y a un siècle, les technologies en moins, avait retenti le terrible : « Ils ont tué Jaurès. »
Jaurès qui avait polémiqué, Jaurès qui avait divisé, Jaurès qui jusqu’au bout avait lutté pour la paix. Et c’est autour de sa tombe, pourtant, que cessaient les polémiques et les divisions, que se proclamait l’Union sacrée pour la guerre. C’est autour de son cercueil que la pensée critique devenait interdite, censurée, gelée pour quatre ans.
Sous les éloges et l’encens, ils le tuaient une seconde fois. »

Une autre vision, plus radicale, qui est celle de José Antonio Gutiérrez (« Je ne suis pas Charlie ») http://partage-le.com/2015/01/je-ne-suis-pas-charlie-jose-antonio-gutierrez/ et de Noam Chomsky (http://partage-le.com/2015/01/nous-sommes-tous-noam-chomsky/)

Ils dénoncent le « 2 poids, 2 mesures » (« on va avoir droit à des discours de la défense de la liberté de presse de la part des mêmes pays qui, en 1999, ont donné la bénédiction au bombardement de l’OTAN, à Belgrade, de la station de TV publique serbe qualifiée de « ministère de mensonges », ou qui se sont tus quand Israël a bombardé à Beyrouth la station de TV Al-Manar en 2006, qui taisent les meurtres de journalistes critiques colombiens et palestiniens« )

 

Un texte poignant de Virginie Despente qui souligne la masculinité des massacres: http://www.lesinrocks.com/2015/01/17/actualite/virginie-despentes-les-hommes-nous-rappellent-qui-commande-et-comment-11547225/

Enfin, l’un des meilleurs texte que j’ai pu lire (« Le « musulman modéré », une version actualisée du « bon nègre » sur Le Monde Afrique (http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/01/16/le-musulman-modere-une-version-actualisee-du-bon-negre_4557616_3212.html).

En deux mots, on qualifie tous les descendant d’arabes, de berbère, de perses de « musulmans » sans savoir s’ils sont athée, agnostique, croyant ou pratiquants… Un texte superbement écrit, à lire.

 

Pour finir sur une note positive, l’image qui illustre ce billet est la plus belle image de la réaction des français face à la sauvagerie. Elle est belle à pleurer et donne envie de croire en la force de la fraternité. Et j’en profite pour vous souhaiter tout de bon pour l’année qui s’en vient.

NO PASARAN !

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Marche républicaine en soutien aux victimes de l’attentat contre le journal Chalie Hebdo le 11 janvier à Paris – Place de la Nation – Je suis Charlie

Voila le verbatim de la partie « écologiste » d’une interview donnée l’été dernier à Bastamag par Mélenchon:

BASTA : L’écologie est-elle une question secondaire par rapport aux enjeux sociaux ?

JLM : Je crois que ça part d’un malentendu ou d’une incompréhension. Il est absolument impossible de séparer quoi que ce soit de l’écologie.

Quand on parle de l’écologie politique, on parle d’une manière d’appréhender la question de la vie en commun à partir (ou en tenant compte si vous préférez) de sa compatibilité avec l’écosystème. Et on ne peut pas dire « l’écosystème, on verra », parce que si on l’épuise, il n’y a plus de vie humaine, il n’y a donc plus de question sociale, plus de question politique qui sont posées, il n’y a plus de question d’aucun ordre qui sont posées. Donc déjà une erreur vient du fait que pour beaucoup de gens, l’écologie c’est un peu d’environnementalisme light, doublé d’un peu de bonne conscience civique, genre « il ne faut pas faire de mal aux espèce en voie de disparition et ne pas jeter de papier dans la rivière », mais ce n’est pas cela dont on parle : on parle de la préservation de l’écosystème qui rend la vie humaine possible. Ce n’est pas une formule tellement générale qu’elle ne veut rien dire : au contraire, elle est tellement générale qu’elle est très précise.

C’est en partant de ce constat que se trouve refondé – en tout cas pour moi en tant qu’homme de gauche – la totalité de l’idéal de gauche. Parce que s’il y a  un écosystème unique pour les êtres humain, qui sont donc bien tous semblables dans leur dépendance à cet écosystème, donc il y a un intérêt général, et cet intérêt général n’est pas que le résultat des intérêt particuliers. C’est bien un intérêt général qui procède d’une prémisse qui est : « nous sommes tous des êtres humains semblables, et nous avons tous besoin du même écosystème qui rend la vie possible ». Et de cette manière se décline tout le reste : s’il y a un intérêt général, comment allons nous le trouver : par la délibération. Comment allons-nous délibérer ? Librement, parce que si nous le faisons sous le régime de la vérité révélée ou de la tyrannie, nous n’allons par révéler les choses avec toute l’intelligence dont nous sommes capables tous ensemble. Il faut bien que notre similitude d’être humain dans les besoins soit pris en compte par le système politique, parce que sinon, les quelques-uns vont prendre des décisions qui vont aller à l’encontre de l’intérêt commun.

Donc l’écologie politique, ce n’est pas un à-côté ou le énième chapitre du programme. C’est le cœur du programme, qui nous aide à penser la totalité du programme. C’est la raison pour laquelle nous considérons le parti de gauche comme un parti écologiste, c’est marqué dans notre devise. Ce n’est pas parce que c’est l’un des thèmes de la lutte […], mais parce que ce sont les conditions initiales. Dans notre devise, il y a marqué « écologie, république, socialisme », c’est-à-dire les trois éléments qui posent, premièrement, la similitude des êtres humains, deuxièmement la communauté des citoyens, et troisièmement l’objectif du lien social comme prioritaire à la compétition entre les êtres humains.[…]

La suite en vidéo ici :

 

Black snake moan blues

« La complainte du serpent noir »

Une des plus belles scènes du cinéma, juste…

Le scandale de la dette.

Olivier Berruyer analyse dans un long article passionnant sur son blog « Les Crises » les origines et les conséquences de la dégradation de la note AAA de la France.

Je ne suis pas d’accord avec son analyse qui fait des agences de notation un thermomètre « neutre » de la santé des entités notées. Les événements récents ont montré que ces notes (comme d’ailleurs les sondages) peuvent avoir un caractère auto-prédictif assez net. En clair, c’est comme si prendre sa température avait des chances d’encourager les microbes à redoubler leurs attaques.

Par contre, il met en évidence par l’un de ses graphiques dont il a le secret le caractère scandaleux de la dette publique: en plus d’avoir été creusée en partie pour renflouer les banques et pour alléger les « charges » fiscales sur les plus fortunés, « les intérêts pompent de 2 à 4 % des revenus des 90 % les plus pauvres de la population, pour enrichir les 5 % les plus riches à hauteur de 4 % de leur revenu. diminue les revenus des 90% les plus pauvres de 2.5% pour améliorer de 3.5% les revenus des 5% les plus riches. »

Un véritable impôt à l’envers.

Bref, il faut lire cet article  en entier, accessible et éclairant…

 

Comme vous le savez, j’adore les sondages. J’y voit une expression démocratique de premier ordre, ainsi qu’une saine émulation entre candidats honnêtes, compétents et courtois.

Pour de plus amples détails, voir ici.

C’est pourquoi j’ai décidé de commander mon propre sondage à moi même, qui selon la méthode des quotas d’une population non représentative, permettra de discuter le bout de gras sans risque de se tromper (ni même de tromper l’ennemi).

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